L’accompagnant

Les études permettant d’avoir une connaissance de la survenue de stress post-traumatique concernant les pères est encore plus faible. Phénomène sous-estimé, il est évalué cependant dans une fourchette comprise entre 0% et 5%. Des études sont attendues sur ce sujet, mais ces quelques indicateurs permettent de discuter la vulnérabilité strictement attribuée aux femmes lors d’une naissance.

Les symptômes précisés dans le petit corpus d’études disponibles sur le sujet sont sensiblement proches des troubles développés par la personne qui a accouché :

  • Hyper-émotivité, altération des capacités cognitives (difficultés de concentration),
  • Difficultés sexuelles (rejet, éviction) qui peuvent entrainer des tensions dans le couple
  • Culpabilité (sentiment de ne pas avoir pu protéger sa partenaire ou même d’avoir été complice lors des évènements)
  • Décalage dans le vécu entre les personnes au sein du couple et incompréhensions
  • Sentiment d’impuissance ou déni
  • Reproches (culpabiliser la partenaire, par exemple en croyant qu’elle aurait dû être plus conciliante ou accepter les gestes et attitudes de l’équipe)

Dans une étude qualitative menée en Angleterre sur les suites de l’exposition du conjoint à un accouchement traumatisant, les pères livrent l’impact profond qu’a eue cette exposition traumatique pour eux et sur leurs relations ensuite. Ils témoignent de l’imprévisibilité de l’évènement et des interventions en urgence, du manque de communication et du rôle secondaire qui leur était donné.

Par ailleurs, dans ce contexte de faible soutien et d’attentes vis à vis de leur place jugée secondaire dans l’accès à la parentalité de la part des soignants, de leur famille et de leurs amis, il leur était plus difficile de faire appel à de l’aide pendant et après cet évènement. L’étude conclue à de nécessaires besoins d’évolution quant aux stéréotypes de genre autour de la naissance, de former les soignants au soutien des accompagnants et de mettre en place dans les structures des offres de soutien.

Les accompagnants évoquaient la nécessité d’échanger entre pères concernés par le même sujet, ce qui est également un besoin exprimé par les mères, afin de rompre l’isolement d’une telle expérience.

(Daniels, E., Arden-Close, E., & Mayers, A. Be Quiet and Man Up: A Qualitative Study into Men Who Experienced Birth Trauma)