Une étude suédoise (Waldenström, Schytt, 2009) menée auprès de tous les hôpitaux suédois et incluant 1393 femmes, a permis de cibler la mémoire et le souvenir de la douleur, mettant en lumière des variations individuelles significatives dans le souvenir de la douleur du travail. Dans le petit groupe de femmes qui était globalement insatisfaites de leur accouchement, la mémoire de la douleur semblait jouer un rôle important plusieurs années après l’événement.
Ces résultats remettent en question l’idée selon laquelle les douleurs du travail n’ont que peu d’influence sur la satisfaction ultérieure à l’accouchement. La douleur pendant le travail et la mémoire à long terme de la douleur sont discutées comme deux résultats distincts impliquant des systèmes de mémoire différents. Les femmes ayant eu une péridurale gardaient également en mémoire les pics de douleurs les plus élevés (7 sur une cotation s’échelonnant jusqu’à 7). Ce résultat est corroboré par une autre étude menée sur un effectif de 117 patientes (Boudou, Séjourné, Chabrol, 2007), qui établit le lien direct dans le fait de manifester des réactions émotionnelles intenses à la douleur et la survenue d’un stress post-traumatique ultérieurement.
La perte de contrôle (54,6%) et l’intensité de la douleur (47,4%) faisant partie des premiers facteurs de stress post-traumatique indiqués par les patientes dans le tableau présentant les facteurs de risques identifiés par les patientes, elles questionnent sur la prise en charge analgésique de l’accouchement notamment lors des gestes médicaux. En France, on sait d’après la dernière enquête périnatale (rapport 2016) que sur une semaine d’étude 54 cas d’extractions sans anesthésie en métropole ont été répertoriés. Ce chiffre n’ayant pas évolué entre 2010 et 2016, il fait état d’un manque d’évolution dans la prise en charge de la douleur dans des situations jugées urgentes.
Une série de publications a également été effectuée concernant la césarienne avec anesthésie inopérante, afin d’offrir des pistes de réflexion sur cet événement imprévu mais qui existe également bel et bien (Benhamou & Mercier, 2016).

