D’un 1er accouchement traumatique à une césarienne programmée respectée – le témoignage d’Aurore

Un 1er accouchement traumatisant

Je suis devenue maman pour la première fois le 11 mars 2017. Ce qui aurait pu être le plus beau jour de ma vie s’est transformé en vrai cauchemar. Ce jour là, j’ai cru mourir sur la table d’accouchement, terrassée par la douleur infligée par la gynécologue qui réalisait une extraction avec des spatules alors que ma péridurale était vide depuis des heures.

Ma fille était tournée tête vers le ciel, mes contractions étaient dans les reins, l’accouchement a duré 48h en tout dont 18h en salle de travail. L’anesthésiste, appelée en urgence, avait pourtant mis deux doses supplémentaires en indiquant qu’il fallait attendre qu’elles agissent mais la gynécologue en a décidé autrement, reprenant sa torture une fois la porte fermée. Ma petite Catherine en a fait les frais et a été blessée à la tête. La plaie est restée pendant 1 mois et demi.

Des suites de couches invalidantes

Le séjour à la maternité a été tout aussi horrible : victime d’incontinence anale, on m’a refusé de consoler ma fille le temps que je me douche « on n’a pas que ça à faire, on a deux paires de jumeaux dans le service. Si votre fille a faim, vous la mettez au sein vous irez à la douche après » m’a-t-on dit en claquant la porte. J’ai pleuré et demandé un biberon, on m’a donné un tire lait et on m’a laissée avec sans plus d’explications. J’ai pris de plein fouet le manque de personnel du chu, devenu maltraitant par manque de temps, par manque de suivi. A l’époque, me too n’était pas d’actualité, ni une femme une sage femme, et encore moins #monpostpartum. Aussi, lorsque j’en ai parlé, à la sage femme du Prado, à mes proches, on ne m’a pas crue. C’était moi qui exagérais. C’était dans ma tête. C’était moi qui n’étais pas assez claire. Alors j’ai tout intériorisé. Toute la colère, la douleur, la peine, le deuil de cet accouchement rêvé. Mon mari n’était pas présent, son congé paternité de 11 jours lui ayant été accordé 3 semaines après l’accouchement (ayant eu lieu à terme !) parce que son chef avait posé ses vacances…

L’entourage et les conséquences psychiques

Lorsque je parle de mon expérience aux femmes qui m’entourent, je me vois répondre que je suis un oiseau de mauvais augure, que je vais faire peur aux autres, que c’est moi qui ai eu un accouchement pourri mais que tous ne se passent pas comme ça fort heureusement. Une belle injonction à me taire.

Un an après mon accouchement, une dépression rédactionnelle due à mon travail m’est diagnostiquée. Arrêt de travail, antidépresseurs et anxiolytiques. Je me sens revivre, pour la première fois, je sens un lien commencer à se dessiner entre ma fille et moi. Jusqu’à présent, je ne ressentais que de la colère à son égard. Après tout, ce qui m’est arrivé, elle en était en partie responsable. C’était ce que je me disais à l’époque et avec le recul, c’était horrible de penser ainsi.

Les années passent. La colère reste, la peur du personnel soignant grandit, le cœur se serre de tristesse et d’angoisse en voyant mes amies proches enceintes. J’ai peur qu’il leur arrive la même chose qu’à moi. Je suis triste de ne pas avoir un deuxième enfant parce que ma peur de souffrir l’emporte sur le reste. Entre temps, j’ai changé de travail, construit la relation avec ma fille et trouvé un équilibre précaire sur les ruines de cette matrescence désastreuse, qui m’aura pratiquement coûté mon mariage. Pour autant, je ne suis toujours pas comprise ni écoutée par mes proches.

L’émergence d’un vrai diagnostic

Et puis vient le jour de l’accouchement de la marraine de ma fille en septembre 2020. Il y a tellement de similitudes entre nos naissances que je m’en bloque le dos, de peur et de stress. Mon mari me dit que ça ne peut plus durer et je prend rdv chez mon médecin traitant. Alors, je lui raconte mon histoire, en entier. Ma fille a alors 3 ans et demi.

C’était la première fois que je lui en parlais. Il m’a alors dit quelque chose qui me semblait inespéré : il me croit et il est désolé. Que ça n’aurait jamais du arriver. Que ma dépression réactionnaire n’était pas due au travail, c’était une dépression post partum non diagnostiquée. Un poids immense s’est retiré de mes épaules ce jour là. Il m’a orientée vers une psychologue qui m’a suivie pendant quelques mois.

Puis vient le désir d’une nouvelle grossesse

Et puis, février 2021. Après des semaines de réflexion, on saute le pas avec mon mari, je me sens suffisamment prête pour retenter l’expérience d’une nouvelle grossesse. Mais selon mes conditions : on change d’équipe soignante, on change de cadre, je m’entoure mieux. Je fais retirer mon stérilet et en avril, je suis enceinte. L’hyperémèse gravidique me rattrape de nouveau mais je tiens le coup. J’annonce ma grossesse avant les 3 mois, mon corps n’a pas oublié et mon ventre se voit rapidement. Mon entourage et mes collègues de travail sont heureux pour moi, on me félicite et on me bichonne. Je ne me rappelle pas avoir eu autant d’égards pour ma première. Je suis arrêtée en octobre après avoir eu une frayeur au volant. A force de travailler sur mes deux activités salariée et indépendante, mon corps me rappelle à l’ordre et m’indique que je dois me reposer.

Je débute alors mon dernier trimestre. Je prends le temps de me préparer pour mon accouchement et pour l’après. Je lis Le mois d’or, Ceci est notre post partum, Naissance découvrez vos super pouvoirs, Accouchement les femmes méritent mieux, La vie rêvée du post partum. J’écoute les podcast de la Matrescence et Bliss stories. Je prépare des conserves maison et remplit mon congélateur de plats. Je rédige mon projet de naissance aussi. La grossesse se passe pour le mieux, bébé est tête en bas à la dernière échographie, tous les voyants sont au vert pour la naissance que je m’étais imaginée.

Une issue de grossesse imprévue

Novembre 2021, je me rend au rdv gynécologique pour l’inscription dans la maternité que j’ai choisie selon les conseils de mes collègues et de ma sage-femme (il n’y a pas de plateau technique ni de possibilité d’aad par chez moi). le praticien se rend compte que mon bébé est en siège décompleté. Un rdv est pris pour une vme et un autre pour de l’acupuncture. J’aurai également tenté le pont indien et le recurage de tous les joints de carrelage de la maison, ma fille ne bougera pas, elle est bien installée en siège. On me propose de tenter une voie basse en siège mais cela implique d’accoucher dans le chu où j’ai accouché de mon aînée. C’est impossible, je ne peux pas, je ne veux pas. Alors, je dis que je souhaite une césarienne. Je l’avais accepté à partir du moment où on m’a annoncé que bébé était en siège. Je sentais au fond que c’était comme cela que devaient se passer les choses. Que je ne pouvais pas contrôler ce facteur et je devais lâcher prise. J’avais prévu dans mon projet de naissance une partie sur la césarienne, comme quoi.

Les liens avec l’équipe et la césarienne

Ce projet de naissance, il a été important dans le dialogue que j’ai eu avec les équipes. Intriguées par certaines de mes demandes qui semblaient évidentes, j’ai expliqué ce qu’il s’était passé pour ma grande. Et leur réaction a été la même à chaque fois : elles étaient profondément choquées et m’ont promis de prendre soin de moi pour que je ne vive pas la même chose cette fois-ci.

29 décembre, D-day : nous nous dirigeons vers la maternité avec mon mari, on est accueillis par deux sages-femmes qui faisaient leur releve. Monitoring, échographie de contrôle, test antigènique pour mon mari, et nous voilà partis au bloc. Gwenn la sf, nous fait rire tout le long du trajet pour nous détendre. Je suis installée, tout le monde se présente. L’ambiance est studieuse et détendue. On me fait la conversation pendant les préparations, je regarde tout pour tout retenir. La gynécologue arrive, se présente. On me pose la rachi anesthésie et je suis rapidement allongée. Mon mari arrive en tenue avec un magnifique masque rose, accompagné de Gwenn. Il faut savoir qu’il n’était pas sûr de pouvoir être là jusqu’au dernier moment, il a été accepté car il était vacciné et avec son test antigènique négatif et parce que la césarienne était programmée. La gynécologue ajoutera plus tard que ça faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu de papa en salle d’accouchement à cause du covid. Mon histoire les a touché et ils ont décidé de l’autoriser pour me rassurer. L’avoir avec moi a été un immense soulagement. Gwenn me tient l’épaule et me parle avec douceur, mon mari est au dessus de moi et me caresse le front. Le champ est dressé devant moi, l’anesthésiste procède à ses tests avec la glace pour vérifier que l’anesthésie fonctionne. Puis la gynécologue annonce qu’elle procède à l’incision. Gwenn me demande d’accompagner la sortie de ma fille en expirant, en suivant les sensations. Peu de temps après, on entend ma fille, son premier cri. Les larmes montent et roulent sans s’arrêter lorsqu’on me la présente. Ma petite Clothilde est arrivée à 8h56 et pèse 3.630 kilos. On me la laisse en peau à peau avant qu’elle ne reparte avec son papa le temps que la césarienne se termine. Je les retrouve plus tard en salle de réveil où je donne la tétée d’accueil. On restera en peau à peau pendant de longues heures ensuite.

Des suites de couches bienveillantes

Pendant le reste du séjour j’ai été entourée par la douceur et la bienveillance des équipes, nous sommes sorties à J4. J’étais heureuse de rentrer chez moi mais triste de quitter ce doux cocon. Dans mon dossier médical qui m’a été remis à la sortie figure la ligne : « antécédents : violences lors du premier accouchement ». C’est la première fois que mon histoire a été reconnue et écrite noir sur blanc dans mon dossier médical. Et je suis sincèrement reconnaissante envers la maternité pour ce que j’ai vécu à leurs côtés et le temps, l’écoute qu’ils m’ont accordée. Je n’ai pas eu l’accouchement physiologique sans péridurale dont je rêvais au début de ma grossesse, mais j’ai eu une magnifique naissance respectée par césarienne programmée. Finalement, un accouchement réussi ne se juge pas à la façon dont il est réalisé mais de la façon dont il est vécu in-fine.

Le post-partum

Pour ce post partum, mon mari est présent pendant deux mois et a tout géré le temps que je me remette physiquement de ma césarienne. Au moment où j’écris ces lignes, je suis à 7 semaines post partum. Je vais bien autant physiquement que moralement. Ma Clothilde est douce et souriante, le lien s’est créé immédiatement, on a trouvé nos marques avec une aisance déconcertante. Les deux sœurs sont très différentes mais Catherine adore Clothilde et Clothilde le lui rend par de beaux sourires. Ce sont des moments que je n’aurai jamais imaginé il y a un an en arrière.

L’allaitement

L’allaitement s’est mis en place rapidement et je suis devenue tire allaitante exclusive par choix. Ayant une bonne lactation, j’ai décidé de faire don de cet or blanc au lactarium qui se trouve dans le chu où j’ai accouché de mon aînée. Lors du rdv de préparation au don, j’explique que ma démarche est également plus personnelle puisque je souhaite associer le chu à quelque chose de positif. La personne qui me reçoit me demande pourquoi parce qu’elle ne comprend pas. Alors je lui raconte mon histoire. Elle se fige, me dit qu’au nom de ses collègues, elle s’excuse, elle est désolée et gênée. Elle me dit que je peux encore récupérer mon dossier médical. Je lui réponds que je ne veux pas pointer du doigt qui que ce soit, je veux juste témoigner pour faire remonter les dysfonctionnements dont j’ai été victime. Elle me dit que malgré les années, elle fera remonter mon histoire à la responsable du service maternité car elle est trop grave pour être ignorée. Elle a également ajouté que j’étais très courageuse d’avoir entamé cette démarche.

Je repars du lactarium par l’ascenseur, ascenseur que j’ai emprunté pour la dernière fois lorsque j’ai quitté la maternité avec Catherine en 2017. Nous sommes le 11 février 2022, pratiquement 5 ans se sont écoulés entre ces deux passages dans cet ascenseur. Il aura fallu quasi 5 ans mais la page est enfin tournée, la boucle est bouclée. Je peux maintenant partir sur un chemin plus doux.

crédits photo : Aurore Brebel

Publication d’un article sur le stress post-traumatique après l’accouchement

Publication récente d’un article de synthèse sur le SSPT après l’accouchement.

Il reprend les chiffres de nombreuses études, ainsi jusqu’à 45% des femmes expriment un vécu traumatique de l’accouchement et 60% des pères disent avoir ressenti de la détresse durant l’accouchement.

Les effets sur l’enfant, le couple ainsi que la grossesse suivante sont abordés très justement, avec de nombreuses pistes de prévention :

https://obstetrica.hebamme.ch/fr/profiles/3f957b8ee011-obstetrica/editions/obstetrica-1-2-2022/pages/page/30

Allaitement maternel & accouchement traumatique, quels liens ?

Si les débuts de l’allaitement ne sont pas toujours simples, des freins spécifiques émergent après un accouchement traumatisant dans les études.

Dans les effets négatifs relevés on retrouve une montée de lait retardée, plus de difficultés, une impossibilité de mettre au sein/aversion ou des réactivations traumatiques qui lèsent cette mise en place. L’émoussement affectif a également un impact dans ces moments d’échange et la rencontre peut se faire de façon plus reportée.

Le retard dans la montée de lait et la frustration peuvent venir renforcer le sentiment d’échec déjà présent si l’accouchement a nécessité des interventions qui ont été traumatiques.
La séparation précoce a également un impact sur l’enclenchement hormonal de la lactation.

Face à cette situation 2 trajectoires émergent, soit un arrêt prématuré compte tenu des difficultés rencontrées lors des tentatives d’allaitement maternel, soit une persévérance dans l’allaitement.

Afin d’accompagner au mieux ce moment délicat, il est possible notamment de promouvoir le peau à peau autant que possible (si la maman y est favorable) et d’expliquer le retard dans la montée de lait en proposant des stratégies pour y palier, évitant ainsi que cela soit vécu comme un nouvel échec.
Il est conseillé de s’adresser à une conseillère en lactation si besoin afin d’être épaulée correctement.

Ce contexte de stress intense en tous les cas devrait être plus souvent explicité afin d’alléger autant que possible les sentiments de culpabilité que l’on retrouve lors d’un stress post traumatique.

Sources :

  • Impact of birth trauma on breast-feeding: a tale of two pathways. Tatano Beck et al. Nurs Res. 2008.
  • PTSD and Breastfeeding: Let It Flow. Klein, Vanderbilt, Kendall-Tackett, IBCLC, 2014

Le Stress post traumatique après l’accouchement, un SSPT à part ?

Un post sur cet article passionnant qui a été publié avant l’été.

Le SPT est un trouble considéré comme hétérogène et dont la connaissance s’affine progressivement. Ainsi la dissociation a notamment été identifiée comme sous-type du SSPT et intégrée au DSM 5 (ouvrage de réf. sur les différentes affections psychologiques).

L’article plaide pour distinguer le SPT consécutif à l’accouchement (CB-PTSD) des autres sources de SPT.

Il se distingue des autres par plusieurs spécificités :

L’accouchement est généralement considéré comme un évènement positif

Pour cette raison il a longtemps été exclu des sources de SPT, et est encore discuté par certains qui le considèrent comme un trouble de l’adaptation et non un SPT. Considérer l’accouchement comme un événement unique et pourvoyeur potentiel de SPT est important en termes de légitimité & de reconnaissance pour les femmes qui le vivent.

Des caractéristiques cliniques & phénoménologiques uniques

On observe une prédominance des symptômes de re-expérience, liés probablement à l’expérience physique intense que représente l’accouchement, et qui ressurgit ensuite sous la forme d’images intrusives, par le biais de la douleur ou des relations sexuelles notamment. Le bébé peut aussi être un rappel post traumatique constant. Métaboliquement et hormonalement l’accouchement se distingue de toute autre source de SPT.

Des implications familiales uniques

Encore trop peu explorés, les effets du CB-PTSD concernent la famille dans son entier et peuvent impliquer des traumatismes secondaires chez le partenaire et des impacts sur les liens d’attachement.

Des survivants uniques

Il s’agit d’un des rares événements pour lequel le survivant directement exposé est toujours biologiquement une femme.

C’est un sujet de recherche jeune mais l’étendue des données collectées indiquent qu’il pourrait nécessiter une place à part dans les domaines scientifiques et cliniques du SSPT, comme ce fut le cas avec la dépression post-partum avant lui.
Cette avancée jouerait un rôle important au niveau societal comme pour l’amélioration de la prise en charge.

L’impact dévastateur de la fausse couche mis à nu

L’impact dévastateur de la fausse couche mis à nu dans une nouvelle recherche menée par Tommy’s et publiée dans 3 articles de The Lancet.

L’université de Birmingham et des experts du centre national de recherche sur les fausses couches ont mené une étude visant à fixer des recommandations concernant les fausses couches.

Une pétition pour améliorer la prise en charge

La pétition qui est associée à l’étude vise à se défaire de la règle imposant de vivre 3 fausses couches successives avant d’avoir accès à toute forme de soutien ou d’examens. Elle a déjà récolté 120 000 signatures.

L’urgence est pointée sur la nécessité d’améliorer la qualité des soins et d’apporter des réponses adaptées dès la 1e fausse-couche, en particulier pour les femmes à risque élevé.
Cette approche permettrait déjà de réduire le risque le plus possible mais aussi de soutenir ceux qui y sont malheureusement exposés.

L’étude identifie pour les femmes noires un risque accru de fausse couche de 40% par rapport aux femmes blanches. L’ethnicité étant un risque évident, il est souhaité d’apporter des soins personnalisés pour ce groupe considéré à risque plus élevé. Des études plus poussées sont vivement souhaitées pour élucider les raisons de ce contraste frappant. Les chercheurs se penchent notamment sur les maladies auto-immunes.

Un impact psychologique non négligeable

Ce groupe de recherche avait déjà battu en brèche l’idée selon laquelle une grossesse qui s’interrompait au 1er trimestre était trop précoce pour avoir des répercussions.

Une étude précédente montrait que :

  • 1 femme sur 5
  • 1 conjoint.e sur 12
    Présentaient des symptômes de stress post traumatique à long terme.

Avec cette nouvelle étude, la fausse couche est liée à :

  • 2 fois plus de risques de dépression
  • 4 fois plus de risques suicidaires
  • augmenter le risque d’anxiété

Une proposition de soins et de soutien psychologique devraient donc être une priorité pour les personnes exposées à une fausse couche et qui en ont besoin.

Source : Devastating impact of miscarriage laid bare in new research

https://www.tommys.org/about-us/news-views/devastating-impact-miscarriage-laid-bare-new-research

Actualité de la recherche

La recherche universitaire francophone se penche de plus en plus sur le sujet de l’accouchement traumatique, et l’on ne peut que s’en féliciter. A cet effet, voici quelques communications récentes :

– cet épisode de podcast avec Camille Deforges, psychologue et doctorante, fait le point sur le sujet :

– L’intérêt se porte également sur les conjoints, comme en témoigne cette étude en cours présentée par Vania Sandoz, doctorante à l’université de Lausanne :

– Et, preuve de l’intérêt croissant que suscite l’accouchement traumatique, la présentation en 180 secondes de la thèse de Mme Sandoz sur Les conséquences de l’accouchement traumatique sur la santé des parents et de leur enfant a reporté le prix du jury :

Un ensemble d’études en cours sont présentes sur l’accouchement traumatique et ses conséquences sur cette page de l’université de Lausanne, à laquelle sont rattachées les deux doctorantes :

https://www.unil.ch/sciences-infirmieres/home/menuinst/recherche/antje-horsch/recherche.html

De la maltraitance à la médecine – DU violences faites aux femmes

Parce que parler mais aussi former aide à changer les choses, voici un très bon court métrage qui met en relief comment la maltraitance médicale ou la negligence peut être présente dans le suivi d’une personne maltraitée, et comment y mettre fin.

Pour que cette double peine (cumuler les maltraitances et négligences), si fréquente, soit dépistée par chacun dans sa pratique, car les mécanismes qui l’amènent sont si courant.

“Ce qui ne nous tue pas”… injonction à résilience ?

Le court métrage « ce qui ne nous tue pas » d’ Alexandra Mignien récompensée au festival Frames 2020 d’Avignon pose la question très juste de la résilience et de sa perception dans notre société.  


Le court métrage part de cette phrase, si galvaudée en de mauvaises circonstances, établissant que “ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort”. Vraiment ?

On observe trop souvent un regard assez manichéen, problématique, après un traumatisme et il est fréquent de lire soit qu’être traumatisé est un aveu de faiblesse, ou au contraire que l’évènement rendra nécessairement plus fort et prendra tout son sens. Que la beauté ou la légèreté prennent une place différente, ou que l’on accède à une élévation spirituelle spécifique. Comme s’il n’existait pas d’entre deux, des personnes qui vivent des choses difficiles et apprennent à vivre avec ou à les dépasser, très progressivement.

Nous avons reçu par le passé sur le site un appel à témoignage qui n’a pas été partagé car justement il semblait orienté (avoir vécu quelque chose de façon honteuse), et donc prompt à mettre en scène le témoignage de la personne qui se porterait volontaire. En gros il fallait être dans le cadre. Mais pour “libérer la parole”.

Or, pour libérer la parole ne faut il pas justement sortir du cadre, d’une norme ? Apporter et dire des choses nouvelles ? Donner un nouvel éclairage, plus subtil et juste, sur une situation mal comprise ?

Attendre d’une personne qu’elle vive une situation d’une façon spécifique pose la question des attentes de la société (et de son manque de flexibilité) sur ces événements.
On peut aussi se poser la question de l’impact de ces témoignages dans un cadre normé et de leur potentiel effet de réactivation traumatique, ce qui n’est pas négligeable.


Le court métrage, efficace, remet les choses à leur place et montre les aspects la plupart du temps gommés : long parcours, impact sociaux, physiques, cognitifs,… 

Le court métrage, lauréat du prix #ellesfontYouTube a fait l’objet d’un article dans Télérama :

https://www.telerama.fr/ecrans/sur-youtube-stop-a-linjonction-a-la-resilience-6706246.php?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR1ifYg7ruZE5XX7cpjRhKslnd66ozj5KINcetZgTB7NgSdFx7XFY349rUE#Echobox=1609343856)