Soutien social
Le soutien social est un facteur de prévention comme un facteur aggravant. Au même titre que dans la prévention de la dépression du post-partum, la résilience est favorisée par un bon soutien psychosocial et des soins respectueux dès la grossesse. Les échanges avec la famille et les amis proches occupent un part également importante dans cette prévention et rémission après l’accouchement.
Des soins respectueux
Un certain nombre de facteurs ont été objectivement associés à la protection de la santé mentale de la mère. Ceux-ci incluent le sentiment de contrôle et le peau-à-peau immédiat (Hollander & al., 2017; Sakala, et al., 2016; de Shepper et al., 2016; Denis et al., 2011).
Ils comprennent également la continuité de soin et une attention accrue concernant le respect des droits des patientes quant à leur information et leur consentement liés aux soins.
La question de la bonne gestion de la douleur a été développée dans les facteurs de risques et constitue également un point d’appel important, tant pour les voies basses que pour les césariennes, que ce soit durant tout le déroulé de l’accouchement comme en post-partum.
L’OMS (OMS) a décrit les conditions de soins respectueux de la maternité :
http://www.who.int/reproductivehealth/publications/intrapartum-care-guidelines/en/
Continuité des soins
La continuité des soins est le principal facteur structurel qui peut offrir la réduction de stresseurs et de leurs interventions inhérentes, favorisant une protection contre les traumatismes à la naissance [Rosenberg & Trevathan, W.R., 2018, Sandall Soltani, Gates, Shennan & Devane, 2016).
En plus d’être un motif de satisfaction pour les équipes dans leur travail, il a été démontré que la continuité des soins :
- conduit à des taux plus faibles d’interventions (césarienne et extractions instrumentales, recours plus faible à la péridurale, interventions qui n’interviennent donc pas que sur un simple fond médical),
- a une action favorable sur la durée de l’accouchement et le bien-être néonatal (Campbell, Lake, Falk & Backstrand, 2006),
- bénéficie d’une meilleure satisfaction maternelle (Sigurdardottir, Gamble, Gudmundsdottir, Kristjansdottir, Sveinsdottir, & Gottfredsdottir, 2017, Hofmeyr, Sakala, Fukuzawa, Cuthbert, & Bohren, 2017, Gironi, Kirkpatrick, Baeyens & Englert, 2015, Christiaens & Bracke, 2007)
Les résultats en matière de santé mentale sont bien meilleurs pour les femmes qui ont bénéficié de la continuité des soins de la part d’un soignant pendant la grossesse, l’accouchement et jusqu’à six semaines après l’accouchement. Ceci pour les grossesses à faible risque comme pour celles qui présentent des risques spécifiques. La continuité des soins ne devrait pas être écartée simplement parce que la naissance exige des soins obstétricaux de haut niveau.
Ainsi, un soignant qui connaît la patiente et qui a une relation avec elle est plus susceptible de :
- Comprendre ses attentes /et ses besoins
- Soutenir les souhaits de la patiente et l’expression de son consentement éclairé et s’adapter à un refus (qui aura ainsi pu être anticipé)
- Être moins susceptible d’être stressé, distrait voire négligeant
- Pouvoir observer des signes et indices subtils concernant l’évolution du travail
- Pouvoir prendre le temps de communiquer de façon adaptée avec la personne qui accouche
Consentement
Informer n’est pas consentir, ainsi, s’assurer que toute personne qui accouche consent à tous les actes médicaux est primordial (Elmir, Schmied, Wilkes, & Jackson, 2010) [1] pour plusieurs raisons :
- Lorsque les soignants n’écoutent pas la femme, cela augmente les risques de perturber par inadvertance des processus de travail sains et altère la relation de confiance, entraînant des interventions médicales telles que la naissance opératoire ou instrumentale.
- Le sentiment de contrôle, de dignité et d’humanité de la femme est explicitement lié à la façon dont est traité son corps.
- Plusieurs textes à valeur juridique font état de prérequis : la loi relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé dite loi Kouchner, les codes de déontologie des ordres (médecin, sage-femme), la charte des patients hospitalisés, etc.
- Il est rarissime que le consentement ne puisse être recherché avant de basculer sur un acte nécessaire pour des raisons de menace de mort imminente.
Pour obtenir le consentement, les soignants doivent démontrer que tout acte est dans l’intérêt de la patiente et lui communiquer cela d’une manière intelligible. Même alors, sa décision doit être respectée et des alternatives doivent pouvoir être évoquées. Le recours à une formation supplémentaire sur la façon de procéder concernant l’adaptabilité et l’éventail des possibles dans la proposition des soins serait à élaborer.
Comme aide concernant la prise de décision éclairée, des éléments mnémotechniques sont déjà en usage dans les pays anglophones et adaptables en français, comme l’outil BRAIN :
Bénéfices : quels sont les avantages liés à cette décision ?
Risques : quels sont les risques associés à cette décision ? Sont-ils à l’équilibre, conséquents ou négligeables ?
Alternatives : quelles sont les autres alternatives ?
Intuition : quel est mon ressenti ?
Néant : attente expectative, que se passe-t-il si l’on ne fait rien ?
[1] “Healthcare professionals must recognize women’s need to be involved in decision-making and to be fully informed about all aspects of their labour and birth to increase their sense of control.”

