Le besoin de verbaliser peut-être vital et représente un des premiers jalons pour intégrer l’événement.
Ne pas nier les sentiments ou essayer de dire comment ressentir ce qu’il s’est passé à la personne concernée est essentiel.
La personne qui a accouché est finalement la seule à avoir expérimenté cette expérience et peut éprouver des difficultés à en penser ou même rassembler tous les évènements. Ce phénomène prend du temps et nécessite du dialogue, de l’empathie et de la patience.
Aide au dialogue
Apporter un soutien émotionnel sans jugement, sans transfert, ni comparaison ou discrédit.
Apporter un soutien dans les démarches si la personne ressent le besoin d’en entamer, par la relecture d’un courrier, l’aider à recueillir ses pensées, être présent lors de rencontres si cela peut aider à la sécuriser dans cette rencontre délicate.
Attitudes déconseillées
- Comparatifs hasardeux (avec les amies, collègues, expériences avec ce soignant ou cette équipe, etc)
- Tentatives de calcul ou d’arbitrage entre le traumatisme maternel et le bien-être de l’enfant, comme si les choses étaient à l’équilibre et le sacrifice forcément utile, nécessaire ou inéluctable
- Culpabilisation maladroite intimant à se concentrer sur le futur et/ou le bébé (le bébé va bien, il ne faut plus y penser, passer à autre chose, etc)
- Relativisation, minimisation voire dénégations des évènements (ça arrive, chaque accouchement est différent, etc).
- Tenter de justifier les évènements et leurs suites (l’équipe devait avoir une raison, tu n’as pas compris, tu es mal à cause des hormones, etc)
Toutes ces tentatives relèvent bien de l’impuissance plutôt légitime d’accompagner la personne, mais la capacité à rebondir de la patiente est justement altérée ou rendue vulnérable par l’événement. Ces réponses peuvent renforcer la solitude et le mal-être déjà ressentis.
Pour les évènements violents, on peut retenir que la plupart des personnes ont conscience d’être bien traitées ou mal traitées par leurs pairs et cette capacité de jugement reste fiable même lors d’un accouchement, ainsi il apparait déplacé de le remettre en doute.
Plusieurs attitudes peuvent au contraire être secourables et venir apporter un soutien notable à la personne concernée, tout en rassurant l’entourage dans sa compétence à aider.
Ainsi :
- favoriser le repos (condition d’autant plus difficile à mettre en place pour une jeune mère),
- renforcer le sentiment de sécurité (écarter les éléments stresseurs ou déclencheurs),
- assurer un soutien social conséquent,
- être dans la sollicitude
- faire preuve de patience
sont des éléments prépondérants qui font la différence.

